En 2025 et au niveau mondial, les opérations de M&A empêchées par les autorités de la concurrence ressortent en forte baisse.
Seize. Tel est le nombre de méga deals bloqués par les autorités de la concurrence au cours de l’année 2025 dans le monde. Un chiffre à mettre en regard des 37 opérations de M&A retoquées en 2024.
Décryptage et analyse par les experts d’AURIS finance, cabinet de conseil en opérations de fusion-acquisition.
Baisse des interdictions
Selon le rapport annuel du cabinet d’avocat A&O Shearman, en 2025, les autorités ont interdit huit opérations de rapprochement, contre 13 en 2024 et 20 en 2023. Si la tendance est au repli pour les interdictions, la vigilance reste de mise.
Changement d’approche
En 2025, les autorités de concurrence ont autorisé 95 opérations sous condition, soit une hausse de 30 % sur un an. Si les rapprochements ne sont pas nécessairement empêchés, ils sont de plus en plus fréquemment assortis d’engagements destinés à préserver la concurrence sur les marchés concernés.
Cette évolution traduit un changement d’approche de la part des régulateurs. Plutôt que de bloquer frontalement certaines opérations, ils privilégient de plus en plus des remèdes structurels permettant de maintenir une dynamique concurrentielle.
Ainsi, en 2025, 40 % des autorisations conditionnelles comportent des obligations en matière d’engagements tarifaires, voire d’interdiction de certaines pratiques commerciales.
Secteurs cibles
Certains secteurs sont particulièrement dans le viseur des autorités. C’est notamment le cas de secteurs jugés sensibles à l’instar de la santé ou de la Défense, mais également des secteurs BtoC tels que l’énergie, les transports ou encore la distribution.
Les interventions des autorités de la concurrence sur des opérations mêlant des entreprises de la distribution ou de l’alimentaire ont constitué 24 % des actions menées en 2025, soit quatre points de plus que le poids de ce secteur dans les opérations de M&A sur l’année (21 % des opérations mondiales).
Les opérations impliquant des entreprises de la tech représentent quant à elles 14 % des interventions, reflet d’une vigilance accrue des régulateurs sur les marchés numériques et les enjeux d’innovation.
La grande distribution dans le viseur
En 2025, plusieurs opérations de M&A impliquant des acteurs français ont illustré ces tensions entre stratégie industrielle et régulation concurrentielle. Voici quelques exemples d’autorisations assorties de conditions dans le secteur de la distribution.
- En novembre 2025, l’autorité de la concurrence inflige au groupe Parfait des sanctions d’un montant total de 7,6 millions d’euros pour ne pas avoir respecté ses engagements dans le cadre de la reprise de l’hypermarché Géant Casino et du centre commercial La Batelière (Martinique).
- À l’occasion du rachat par le géant Carrefour des enseignes Match et Cora, l’autorité de la concurrence a donné un avis favorable, sous réserve de la cession de magasins dans certaines zones de chalandises de façon à éviter des situations de quasi-monopole local.
Nécessaire préparation
Si certaines opérations M&A échouent ou sont profondément remaniées après l’intervention des régulateurs, les autorités de concurrence ne sont cependant pas seules responsables des échecs. Très souvent, les entreprises décident elles-mêmes d’abandonner une transaction en raison des incertitudes réglementaires ou des concessions exigées par les autorités. En 2024, plusieurs opérations ont ainsi été abandonnées avant même la décision finale des régulateurs, faute de parvenir à proposer des remèdes jugés suffisants.
Nos experts à vos côtés
Dans toute opération de fusion-acquisition, il est indispensable d’anticiper très en amont les enjeux de concurrence. L’analyse concurrentielle faisant partie intégrante de la stratégie de deal.
Dans un environnement où les contrôles concurrentiels restent exigeants, les experts d’AURIS Finance vous accompagnent. Spécialisés par secteurs, nos spécialistes sont à même d’analyser les risques qui pèsent sur votre opération.
Nous accompagnons les entrepreneurs dans leur stratégie de développement, depuis la recherche de financement jusqu’à la cession.


