La période est à l’incertitude. Instabilité politique et géopolitique, frictions commerciales, risque de récession… autant d’éléments qui troublent les anticipations des analystes. Et pourtant. Malgré un contexte très tourmenté, les opérations de fusion-acquisition se poursuivent, notamment en Europe. Les experts d’AURIS Finance, cabinet de conseil en opérations de fusion acquisition vous livrent leur analyse.
Selon les données Pitchbook citées par Euronews, au premier semestre 2025, la valeur des transactions a atteint 2 000 milliards de dollars (en hausse de 13,6 % sur un an). Au total, 24 793 transactions ont été enregistrées, soit une progression de 16,2 % par rapport au premier semestre 2024. Une augmentation significative malgré un contexte économique et géopolitique particulièrement instable. « Si les entreprises peuvent répéter le nombre d’opérations réalisées au cours du premier semestre 2025, le nombre de fusions et d’acquisitions en Europe devrait connaître sa meilleure année depuis plus d’une décennie », analysent même les experts cités par Euronews.
Résilience différenciée selon les secteurs
Plusieurs facteurs expliquent cette résilience. Tout d’abord, les conditions de financement se sont légèrement améliorées grâce à une détente sur les taux, facilitant les négociations et relançant certains projets reportés. Par ailleurs, les entreprises disposent encore de liquidités importantes et en profitent pour acquérir d’autres entités concurrentes ou complémentaires à leur activité. Les enjeux de transition écologique poussent les dirigeants à redéfinir leur modèle d’affaires. C’est le cas, par exemple, du géant Alstom. Selon Novethic, le groupe réalise 84 % de ses investissements dans des activités considérées comme participant à la durabilité. Dans ce contexte, ils font le choix de céder certaines activités et d’acquérir de nouvelles entités afin de se repositionner. Le dynamisme des opérations de fusions-acquisitions s’explique également par des réajustements géographiques. Certaines entreprises se mettent à l’écart et décident de sortir de certains marchés qui présentent des risques géopolitiques trop importants. Elles se concentrent alors sur le territoire national et européen.
Lenteurs européennes
Un mouvement de recentrage qui va de pair avec celui de la consolidation. En Europe, la naissance de champions européens est aujourd’hui devenue un enjeu de souveraineté et de sécurité. Le rapport Drahi, présenté en septembre 2024, insiste fortement sur la nécessité d’encourager la consolidation au sein de l’Europe. Un an plus tard, Mario Draghi déplore la « lenteur de l’Europe » face aux géants chinois et américains. Il illustre son propos par le décalage européen en matière d’intelligence artificielle. « Sur la frontière de l’IA, les États-Unis ont produit 40 grands modèles de fondation l’année dernière, la Chine 15, l’UE seulement 3. » L’ancien président de la Banque centrale européenne appelle à une accélération de l’Europe dans le domaine des technologies de pointe, mais également dans la course à la décarbonation.
Des transactions plus complexes
En Europe, les transactions se font plus lentes. Nous sommes aujourd’hui loin de la folle année 2022 au cours de laquelle, le marché assistait à une véritable « boulimie transactionnelle ». Face aux incertitudes, les acteurs recourent de plus en plus à des mécanismes destinés à sécuriser les opérations. Les clauses de complément de prix, les ajustements en fonction des résultats futurs et les paiements échelonnés se généralisent. Une sophistication des transactions qui traduit l’inquiétude des acquéreurs et la prudence des investisseurs. Tous deux se montrent plus sélectifs et privilégient des cibles dotées d’une bonne visibilité financière et d’un potentiel de croissance robuste.
Nos experts à vos côtés
Dans un environnement qui se complexifie, les spécialistes d’AURIS Finance vous accompagnent. Les experts d’AURIS Finance sont spécialisés par secteurs. Nous nous plaçons à vos côtés tout au long de votre opération de cession, d’acquisition et de recherche de financements.


