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L’agroalimentaire et la grande distribution : de nouvelles négociations en vue ?

Négociations entre agroalimentaire et grande distributionUne inflation sur les prix des matières premières agricoles et industrielles avec, en parallèle, une déflation sur leurs prix de vente… Les acteurs de l’agroalimentaire vivent depuis quelques mois une situation qu’ils estiment particulièrement difficile. Ils réclament une révision à la hausse de leurs prix auprès de la grande distribution. Seront-ils entendus alors que leur santé financière se fragilise ? En attendant, les experts d’AURIS Finance, cabinet spécialisé en fusions-acquisitions, analysent le contexte actuel et ses conséquences sur l’industrie.

Une inflation des matières premières subie par l’agroalimentaire

À la fin du premier trimestre de cette année, l’agroalimentaire et la grande distribution ont terminé leurs négociations commerciales annuelles. Et pourtant, avec une déflation moyenne de 0,3 %, les acteurs de l’agroalimentaire ont déjà l’intention de renégocier les prix, à la hausse. En effet, ils estiment subir de plein fouet l’inflation des matières premières non seulement agricoles mais aussi industrielles, à l’instar du plastique ou du carton.

Un cri d’alerte lancé par l’Ania

La fédération agroalimentaire l’Ania a d’ailleurs alerté sur la flambée des prix des matières premières et sur les fortes tensions sur les approvisionnements, dans une note de conjoncture publiée le 8 juin dernier. Dans ce document, l’institution précise qu’« après 12 mois de hausses mensuelles consécutives, l’indice FAO des prix des produits alimentaires a atteint un niveau jamais vu depuis plus de 10 ans : +31 % en moyenne sur un an. De même, le prix des matières premières industrielles (métaux, plastiques, emballages…) flambe ». Pourquoi une telle envolée des prix ? Les deux principales causes seraient les aléas climatiques et la forte demande, notamment due à la reprise économique qui a suivi les différents confinements.

Des tensions aux conséquences colossales

Le soja, les huiles et les viandes sont particulièrement concernés par cette envolée des cours. Sans parler des tensions sur la disponibilité et le coût des approvisionnements en plastique, en carton, en caoutchouc, en verre ou encore en aluminium, avec un allongement des délais de livraison. Pour l’Ania, ces problématiques doivent être prises très au sérieux puisque « les conséquences de ces tensions en approvisionnement pourraient affecter les capacités de production du secteur sur l’ensemble de l’année 2021 et ébranler le rebond des activités industrielles en sortie de crise ». Et, bien sûr, les taux de marges dans le secteur sont à leur plus bas historique. L’industrie agroalimentaire française détient même le triste record de la plus faible rentabilité d’exploitation parmi toutes les industries alimentaires européennes.

Une situation d’urgence

Dans un tel contexte d’inflation des prix des matières premières et de déflation sur les prix en GMS (Grandes et Moyennes Surfaces), l’industrie agroalimentaire voit sa santé financière se dégrader tout particulièrement depuis quelques mois, « traduisant un double décrochage de compétitivité : en France et en comparaison internationale », rappelle l’Ania. Résultat, les entreprises adhérentes à la fédération réclament auprès de leurs clients qu’ils leur concèdent une hausse tarifaire de l’ordre de 9 %. Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : si rien n’est fait, de nombreux acteurs risquent de se retrouver dans une situation plus que précaire.

Certains dirigeants pourraient être contraints de céder leurs structures et des opérations de fusions-acquisitions sont à anticiper dans le secteur de l’agroalimentaire. Mais il s’agit d’un processus très complexe, avec de nombreux paramètres à prendre en compte pour bien évaluer les entreprises et mener à bien les négociations. Sachez que les équipes d’AURIS Finance peuvent vous accompagner à toutes les étapes lors des opérations de cession ou d’acquisition.