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Le hard discounter russe Mere en difficulté sur le sol européen

Hard discounter MEREAvec son modèle singulier, le hard discounter russe avait de grandes ambitions en Europe. Pourtant, seulement trois mois après l’ouverture d’un magasin dans la région flamande, Mere a pris la décision de baisser le rideau. Mauvaise rentabilité, accueil mitigé des consommateurs dans un contexte de guerre en Ukraine, les experts d’AURIS Finance, cabinet de conseil en opérations de fusion-acquisition décryptent.

L’expérience aura été de courte durée. Seulement trois mois après l’ouverture du supermarché à Opwijk, dans le Brabant flamand, Mere Belgium a annoncé la fermeture imminente du magasin en Belgique. « Commercialement, le magasin s’est avéré insuffisamment rentable », a indiqué la filiale belge du géant russe dans un post sur les réseaux sociaux.

Un modèle singulier et un contexte porteur

Propriété du groupe russe Svetofor, fondé en Sibérie en 2009 et qui compte aujourd’hui 2 500 magasins en Russie, Biélorussie et au Kazakhstan, Mere est souvent qualifié de « Lidl russe » dans le secteur de la grande distribution. Son modèle, « sans étagère, ni comptoir, ni vendeurs » ressemble en ce sens à celui des hard-discounters mais promet des tarifs 15 à 20 % moins chers que ces derniers du fait de volumes âprement négociés. Un effet prix bienvenu dans un contexte d’inflation et de baisse du pouvoir d’achat. En Europe, la part de marché des discounters ne cesse de progresser et s’établit désormais autour de 11 % en France, l’enseigne Lidl restant la plus plébiscitée. Pour les hard-discounters, la profondeur du marché en France et en Europe est réelle et de nouveaux acteurs pourraient émerger.

Projet avorté dans l’Hexagone

Ce n’est néanmoins pas le cas de Mere. Au-delà du sujet de la rentabilité, ce sont les questions géopolitiques qui pèsent sur ce nouvel entrant. En plein conflit russo-ukrainien, l’accueil du géant russe en Europe était glacial. Fin 2021, le groupe russe avait annoncé son arrivée en France avec l’implantation de trois magasins dans le Grand Est en 2022. Mais finalement le hard-discounter a renoncé à ses projets dans l’Hexagone. Pour l’heure, Mere maintient ses projets d’implantation en Belgique et projette l’ouverture de dix magasins à Bruxelles, Anvers, Gand, Bruges et Louvain. Avant le conflit, le groupe russe était parvenu à s’implanter dans d’autres pays européens, comme l’Allemagne, la Pologne, la Roumanie, la Lituanie, l’Espagne et l’Angleterre.

Nouvelles alliances en perspective

Le marché de la grande distribution est aujourd’hui en proie à de nombreux bouleversements. Les hard discounters tendent à gagner des parts de marché dans un contexte inflationniste qui pèse sur le pouvoir d’achat des consommateurs. La tendance est également aux rapprochements entre acteurs permettant ainsi de créer des synergies et de réaliser des économies de couts. En novembre 2020, Aldi, s’offrait 545 magasins Leader Price, acquis auprès du groupe Casino pour une valeur d’entreprise de 717 millions d’euros.  Les fonds de Capital investissement ne sont pas en reste et se positionnent sur les acteurs de la grande distribution, à l’instar de l’américain CD&R qui a récemment réalisé l’acquisition de l’enseigne britannique de supermarché Morrisons.

Faites-vous accompagner

Le marché du hard discounter est aujourd’hui porteur en Europe, comme en témoignent les récentes tentatives d’incursion du géant russe en Belgique et en France. Dans ce contexte, de nouveaux rapprochements pourraient avoir lieu. Les fonds de Private Equity sont toujours en recherche de cibles aux modèles d’affaires éprouvés, tandis que les géants de l’industrie cherchent à étendre leur part de marché en s’emparant de leurs concurrents. Les experts d’AURIS Finance spécialisés par secteurs vous accompagnent tout au long de vos opérations de fusion-acquisition.

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