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Grande distribution : vers une consommation responsable

Consommation responsable Grande distributionLes experts du cabinet Auris-finance se penchent sur les tendances fortes qui secouent le secteur de la grande distribution. Depuis le début de la pandémie, les ménages semblent se prononcer en faveur d’une consommation responsable, plus raisonnée et plus durable, plébiscitant les produits bios et les circuits-courts. Un an plus tard, qu’en est-il de ces changements ? La consommation des ménages français a-t-elle durablement changé ? Quelles incidences pour le secteur de la grande distribution ?

Les confinements ont-ils conduit à une consommation responsable ?

Dès le 11 mai 2020, fin du premier confinement en France, bon nombre de citoyens ont appelé de leurs vœux au monde d’après. Un monde plus solidaire et plus équitable où les questions de développement durable se placent au premier plan. Partout dans le monde, des voix s’élèvent en faveur d’un monde plus respectueux de la planète et du climat. Ainsi, selon L’Observatoire Société & Consommation, une majorité de Français se dit d’accord avec le fait que « la situation environnementale est préoccupante et appelle un changement radical dans l’organisation de l’économie et de la société, revenant à̀ produire et à consommer moins mais mieux ».

Un élan nouveau qui s’est traduit de façon très concrète dans le quotidien des Français : leurs habitudes d’approvisionnement et leurs achats se sont profondément modifiés durant le premier confinement. Nous l’avions noté dans notre bilan des Fusions-Acquisitions en 2020 dans le secteur de l’agroalimentaire, les confinements ont été un accélérateur du e-commerce alimentaire en France.

Plus de produits bio

Ainsi, entre le 16 mars 2020 et le 11 mai 2020, le quotidien des français a radicalement changé. Avec la mise en place de mesures de confinement pour lutter contre la propagation du virus de la Covid-19, les Français ont, deux mois durant, limité leurs sorties « à l’achat de biens de premières nécessités ».

Durant cette période très particulière, le délai moyen entre deux achats à l’extérieur s’est fortement allongé et les Français ont majoritairement opté pour des courses moins fréquentes mais plus conséquentes, avec des paniers moyens en hausse. Pour éviter de multiplier les sorties, les ménages ont été de plus en plus nombreux à faire appel au Drive, dont le chiffre d’affaires a bondi de 43 % en un an. L’occasion également de porter une plus grande attention à la provenance des produits.

Selon une étude réalisée par le cabinet Nielsen, la valeur du panier moyen de produits bio en France a progressé de 48 % en début de confinement. « Dès le premier confinement, tous les acteurs de l’agroalimentaire : grandes et moyennes surfaces, ainsi que l’ensemble des circuits de distribution ont été au rendez-vous. Ils sont parvenus à assumer l’approvisionnement de l’ensemble de la population. Leur image en a largement bénéficié », analyse Bernard Gaud, consultant agroalimentaire Auris-Finance.

Moins de produits transformés

Les différentes périodes de confinements puis de couvre-feu ont induit des changements profonds dans les habitudes de consommation des ménages français. En passant plus de temps à domicile, ils ont davantage cuisiné, optant ainsi majoritairement pour des produits frais et des produits surgelés. Si pour la très grande majorité des ménages, le prix reste un critère déterminant, d’autres critères sont entrés en compte dans leur choix de produits. En soutien à l’économie nationale, ils sont de plus en plus nombreux à privilégier les produits made in France, ainsi que les circuits courts.

Selon une enquête Ipsos réalisée à l’issue du premier confinement, les Français étaient très majoritairement décidés à faire perdurer leurs nouvelles habitudes de consommation responsable à l’issue du mois de mai 2020. Ainsi, 95 % des répondants continueront à faire attention au critère prix, 93 % aux qualités nutritionnelles des produits et 92 % à l’origine. Nous avons ainsi pu assister au succès d’applications iPhone et Android comme Yuka, permettant de scanner un produit et d’en connaître la qualité de sa composition.

Le critère prix reste déterminant

Pour autant, un autre sondage réalisé en septembre 2020, révèle que les intentions d’achats plus responsables des français, fortement prônées durant les périodes de confinement, se sont ensuite fortement heurtées à la réalité. Ainsi, pour 58 % des Français, le coût des produits est le principal frein à une alimentation plus responsable. Pour autant, les intentions restent réelles avec 95 % des Français qui estiment que la population doit changer durablement ses comportements de consommation pour préserver l’environnement.

Dans cette course au mieux vivre, les ménages français comptent sur l’engagement des commerçants et notamment des géants de la grande distribution : 89 % des français estiment ainsi que la grande distribution est un partenaire majeur du changement, vers un consommation responsable. Et si le monde d’après ressemblait – presque – au monde d’avant ?