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Agroalimentaire : le vegan a le vent en poupe

Vegan Burger
Burger Vegan

Dans une étude livrée en 2019, la banque d’investissement américaine, JP Morgan, évalue le marché de la viande à base de plantes à 100 milliards de dollars d’ici dix ou quinze années. Aux quatre coins du globe, la demande enfle, largement portée par des consommateurs de plus en plus sensibilisés au bien-être animal ainsi qu’à la transition écologique.

Qui sont les grands gagnants de cette nouvelle tendance ? Face à une demande croissante, quelle stratégie adoptent les acteurs traditionnels de l’agroalimentaire ? Les experts d’Auris Finance se sont penchés sur la question.

En France, les intentions de consommation de produits carnés perdent du terrain. Ainsi, selon une étude livrée par le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), 20 % des Français affirment « limiter leur consommation de viande pour des raisons autres qu’économiques ». En clair, dans l’esprit des consommateurs, les considérations écologiques et les enjeux liés au bien-être animal gagnent du terrain.

Pas question pour autant de se refuser la vue d’un steak ou d’une saucisse : d’où un engouement réel pour la viande vegan, que ce soit en supermarché ou en restauration rapide. Et c’est dans cette brèche que se sont engouffrés les nouveaux acteurs de l’agroalimentaire, à l’instar de deux entrepreneurs bretons qui, avec « Les nouveaux Fermiers » entendent devenir les leaders de la viande végétale en Europe. Un business très prometteur puisque certains analystes anticipent que la viande vegan devrait -à horizon dix ans – représenter 10 % du volume mondial de vente de viande dans le monde.

Une appétence forte de la part des investisseurs

Aux États-Unis, les jeunes pousses de la viande vegan sont d’ores et déjà devenues de véritables mastodontes. C’est le cas notamment de l’entreprise californienne Impossible Foods fondée en 2011 et qui est aujourd’hui l’un des leaders sur les marchés américains et asiatiques. Elle fournit notamment bon nombre de spécialistes de la restauration rapide. Sa rivale, Beyond Meat n’est pas en reste. Non contente d’alimenter un marché mondial, elle a fait son entrée en Bourse en mai 2019. Ce jour-là, le titre a bondi de 163 %, tandis que sa valorisation s’est envolée, passant de 3,8 milliards de dollars en mai 2019 à 12 milliards de dollars trois mois plus tard.

En Europe, dans des proportions moindres, les belles histoires se multiplient. Ainsi, Les nouveaux fermiers ont opéré une levée de fonds de 2 millions d’euros. De même, la start-up « Les nouveaux affineurs », spécialiste de la fabrication de substituts au fromage vient de boucler un tour de table de 2 millions d’euros. Enfin, Nxtfood, start-up lilloise est parvenue à boucler une levée de fonds de 10 millions d’euros pour lancer une usine de production de steaks végétaux. Implantée dans le nord de la France, celle-ci devrait ouvrir ses portes dès 2022.

Des acteurs traditionnels au pas de course

Pour les acteurs traditionnels de l’agroalimentaire, pas question de passer à côté de cette opportunité. Les géants internationaux l’ont d’ailleurs très vite compris. C’est ainsi que dès 2019, Nestlé a lancé la commercialisation de son burger vegan, tandis que, peu de temps après Unilever opérait le rachat de « The Vegetarian Butcher », pour un montant non communiqué.

En France, les enseignes Carrefour, Monoprix et Franprix se sont rapprochés du géant américain Beyond Meat et commercialisent des burgers vegans. Enfin, signe que les temps changent, l’enseigne suédoise Ikea vient d’annoncer la commercialisation de boulettes sans viande dans ses restaurants.