Dans un contexte d’augmentation des droits de douane, le groupe italien de spiritueux revoit sa stratégie et met un stop aux opérations de croissance externe. Les experts d’AURIS Finance, cabinet de conseil en opérations de fusion-acquisition vous livrent leur analyse.
Pour Simon Hunt, président-directeur général de Campari, l’année 2025 est une année de « transition ». Alors que le groupe – aujourd’hui sixième acteur mondial de l’industrie des spiritueux – était engagé dans une stratégie offensive de croissance externe, il entend désormais se concentrer sur la croissance de sa marque et la restructuration de ses opérations.
Fin des emplettes
La décision de suspendre les acquisitions marque un changement important dans la stratégie d’investissement de l’entreprise. Jusqu’alors Campari veillait à ce que 50 % de sa croissance soit alimentée par des transactions. C’est ainsi qu’en mai 2024, Campari s’emparait de Courvoisier, maison française de cognac, pour un montant de 1,08 milliard d’euros. Au cours des années précédentes, le groupe s’est également emparé de la marque Picon, de la maison de champagne Lallier et des marques de rhum martiniquais Trois Rivières et La Mauny. En 2016, Campari mettait la main sur la liqueur française Grand Marnier pour un montant de 652 millions d’euros. En se recentrant sur sa croissance organique, le groupe porte un coup d’arrêt à sa stratégie de développement par acquisitions.
Réduction de l’endettement
Un revirement qui s’explique par plusieurs facteurs. En premier lieu, un impératif de réduction de l’endettement de l’entreprise. Fin 2024, la dette nette de Campari représentait 3,2 fois le bénéfice de base du groupe. Cette réduction de la dette sera notamment portée par une restructuration qui pourrait comprendre une réduction de 10 % des effectifs, soit 500 personnes dont 100 en Italie. La restructuration aura pour ambition de mettre en place un nouveau plan de développement centré sur la croissance organique et la rentabilité. Dans ce contexte, les nouvelles acquisitions seront proscrites.
Impact de l’augmentation des droits de douane
Au-delà de ces éléments internes, le groupe est aujourd’hui fortement impacté par l’évolution du commerce international. Selon les estimations du groupe, les nouveaux droits de douane de 25 % imposés par les États-Unis sur les importations en provenance du Mexique, du Canada et de l’Union européenne devraient coûter à Campari environ 90 à 100 millions d’euros par an.
Nouveaux défis
Pour 2025, Campari prévoit une croissance organique modérée de son chiffre d’affaires et une stagnation de ses marges d’exploitation. L’industrie des spiritueux connaît aujourd’hui une crise profonde avec des replis significatifs des ventes : en 2024, les ventes de spiritueux se sont repliées de 3,7 % dans le monde, tandis que sur le front des revenus, le secteur des spiritueux a connu une baisse de 1,1 % en 2024, soit la première baisse annuelle enregistrée depuis 2004. Cette tendance pourrait se confirmer dans les prochaines années, avec une jeune génération moins consommatrice de boissons alcoolisées. Dans le même temps, les pressions sur les marges s’intensifient, plombées par des coûts de production et des taxes douanières en augmentation.
Nos experts à vos côtés
Pour les spécialistes du spiritueux, la période est à la réflexion stratégique. Tous les géants du secteur n’adoptent pas la même stratégie que Campari. Certains poursuivent leurs opérations de croissance externe et se positionnent sur des entreprises à l’activité complémentaire. Le marché mondial des boissons non alcoolisées est aujourd’hui en forte progression dans le monde : il devrait atteindre une valeur estimée à 2 900 milliards de dollars d’ici à 2035. Les boissons certifiées bio ou conçues à partir d’ingrédients de qualité restent particulièrement recherchées. Les experts d’AURIS Finance sont spécialisés par secteurs. Ils vous accompagnent tout au long de votre opération de cession ou d’acquisition.


