Alors que l’activité économique française souffre de l’instabilité politique du pays, les opérations de fusion acquisition s’orientent à la baisse. Pour les dirigeants, difficile en cette période incertaine de songer à une opération de croissance externe. Le salut pourrait-il venir des fonds d’investissement ? Décryptage par les experts d’AURIS Finance, cabinet de conseil en opérations de fusion-acquisition.
Le marché français des fusions-acquisitions traverse actuellement une zone de turbulence. Selon une étude de PwC France et Maghreb, si la valeur des transactions en France s’est maintenue en 2024, le volume des opérations a chuté de 29 % sur un an. En cause : une incertitude politique qui incite les dirigeants à la plus grande prudence. En 2025, une minorité de dirigeants de PME et ETI (45 %, selon l’étude Bpi Lab) a pour projet d’investir au cours de l’année. En conséquence, la durée des opérations s’étire et les projets peinent à aboutir. Les industriels, traditionnellement moteurs des opérations de croissance externe, se font de plus en plus hésitants et préfèrent se concentrer sur la gestion de leur trésorerie au détriment d’opérations jugées trop risquées.
Le retour des fonds
Si les deals intra entreprises tricolores se tarissent, les fonds d’investissement semblent désormais de retour. Un retour qui fait suite à plusieurs années d’immobilisme, dans un contexte post crise sanitaire particulièrement dynamique. Durant les années 2022 et 2023, les fonds ont préféré conserver leurs positions plutôt que de déboucler à perte. Sur fond d’inflation, leur durée de détention s’est donc allongée.
Stocks de capitaux
À l’heure actuelle, le retour des fonds s’explique par un phénomène mécanique : après plusieurs trimestres d’attente, ils disposent d’importantes liquidités à réinvestir – un stock de capitaux inemployés, ou dry powder – et ressentent désormais une pression à l’action. Dans un environnement marqué par la hausse du coût de la dette, ces acteurs apparaissent comme les plus solvables et les plus rapides à se positionner sur les opportunités. Ce regain d’activité se traduit notamment par la reprise d’opérations de MBI (Management Buy-In), où des dirigeants extérieurs reprennent une entreprise avec le soutien d’un fonds, une configuration redevenue attractive face au manque de repreneurs internes.
Nouveaux relais de financement
La stratégie de ces fonds s’oriente actuellement vers des prises de participation majoritaires ou des build-up (croissances externes successives) dans des entreprises solides mais en quête de relais de financement pour poursuivre leur développement. Les dirigeants, souvent confrontés à un durcissement des conditions bancaires, trouvent dans ces investisseurs des partenaires capables d’apporter des capitaux mais également une expertise opérationnelle et stratégique.
Sélectivité accrue
Pas question, pour autant de se positionner sur n’importe quelle entreprise. Les fonds se montrent plus sélectifs, misant sur des secteurs à fort potentiel — santé, transition énergétique, industrie verte, éditeurs de logiciel et intelligence artificielle. Ils exigent des projets matures, souvent en phase d’industrialisation (scale-up) et portés par des équipes expérimentées. En conséquence, la taille moyenne des transactions augmente (+11 % en 2024 pour atteindre 146 millions de dollars, selon Pwc). Les plus gros deals (méga-deals) qui rassurent les investisseurs recrutent davantage d’intérêt.
Nos experts à vos côtés
Si les transactions se raréfient, elles gagnent en qualité. Le retour des fonds sur le devant de la scène pourrait redessiner le paysage du M&A français en 2025 et 2026, avec un équilibre renouvelé entre investisseurs financiers et acquéreurs industriels. Les experts d’AURIS Finance sont spécialisés par secteurs. Nous nous plaçons à vos côtés et vous accompagnons dans la recherche du meilleur partenaire financier.


