Le groupe 360 Medical, maison mère de PulseLife, éditeur lyonnais d’une solution d’aide à la décision clinique, acquiert Invivox, plateforme de formation médicale continue. L’opération porte sur l’intégralité du capital. Les conditions financières ne sont pas communiquées. Le nouvel ensemble se présente comme le premier écosystème européen réunissant aide à la décision et formation des soignants, avec l’ambition de devenir « d’ici 2029 la référence européenne de la connaissance médicale ».
Décryptage par les experts d’Auris Finance, conseil en fusion-acquisition et ingénierie financière.
Cofondée en 2014 à Lyon par le Dr Grégoire Pigné, Clotilde Petit et Romain Bruckert sous le nom 360 medics, PulseLife développe une solution d’aide à la décision destinée aux professionnels de santé. Son chatbot médical, fondé sur l’intelligence artificielle, s’appuie sur une base documentaire constituée avec des sociétés savantes et des institutions médicales. La solution revendique plus de 900 000 professionnels utilisateurs, dont 420 000 médecins, 220 000 infirmiers et 43 000 pharmaciens. Déployée en France et en Espagne, elle doit prochainement être lancée au Royaume-Uni. Entreprise à mission depuis 2024, la société se présente comme « souveraine et rentable ».
Fondée en 2016 par Julien Delpech et Patxi Ospital, Invivox opère une plateforme de formation médicale continue. Son modèle repose notamment sur le compagnonnage digital entre professionnels de santé et experts. La plateforme indique avoir formé près d’un million de professionnels de santé en dix ans.
De la question clinique au module de formation
Le rapprochement relie deux moments distincts de la pratique médicale. PulseLife intervient au point de soin, lorsque le soignant cherche une réponse à une question clinique. Invivox intervient en amont et en aval, dans l’entretien et l’approfondissement des compétences. Concrètement, après avoir interrogé le chatbot sur un sujet, le professionnel se verra proposer des modules de formation Invivox pour consolider ses connaissances.
Le groupe présente ce continuum comme une réponse au « deskilling », la perte progressive de compétences des soignants qui s’en remettraient à la machine. « L’IA doit renforcer l’expertise des soignants, pas la remplacer. Avec Invivox, chaque question posée devient une occasion d’apprendre », indique Clotilde Petit, directrice générale et cofondatrice de PulseLife.
L’argument dépasse le positionnement éthique. Il donne à l’outil d’aide à la décision une fonction pédagogique et à l’offre de formation un point d’entrée quotidien, ancré dans des situations cliniques réelles.
Une même population de soignants, deux usages complémentaires
Les deux sociétés s’adressent au même public : médecins, infirmiers et pharmaciens, en ville comme à l’hôpital. Chacune apporte à l’autre ce qui lui manquait. PulseLife dispose d’une base d’utilisateurs large et d’un usage récurrent, intégré à la pratique. Invivox apporte un catalogue de contenus de formation et une expertise en ingénierie pédagogique.
Pour Invivox, l’adossement ouvre un canal de diffusion auprès de plusieurs centaines de milliers de soignants déjà utilisateurs de PulseLife. « Le rachat par PulseLife est un gage d’accélération pour Invivox afin de répondre de manière plus globale à notre mission du premier jour : la formation permanente des professionnels de santé », soulignent Julien Delpech et Patxi Ospital. Pour PulseLife, l’opération élargit l’offre au-delà de la consultation ponctuelle et renforce l’engagement des utilisateurs dans la durée.
Une consolidation à l’échelle européenne
L’opération s’inscrit dans un mouvement de structuration du marché de la e-santé. Les dirigeants évoquent l’internationalisation de certains acteurs du secteur comme l’une des raisons du rapprochement. Le groupe met en avant deux entreprises françaises « partageant une même exigence de souveraineté et de fiabilité », un argument sensible auprès des établissements publics de santé.
L’ancrage hospitalier constitue un socle pour ce développement. PulseLife est déjà utilisé à l’AP-HP et aux Hospices Civils de Lyon. Un déploiement est prévu au CHU de Reims, dans les services d’urgences, de gynécologie et de médecine interne. Le nouvel ensemble entend s’appuyer sur ces références pour étendre son offre intégrée en France et en Europe.
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