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20/04/2026

Avec l’acquisition de Bull, l’État français renforce sa souveraineté en intelligence artificielle

Avec l’acquisition de Bull, l’État français renforce sa souveraineté en intelligence artificielle

L’État français franchit une nouvelle étape dans sa stratégie nationale en faveur de l’intelligence artificielle et devient actionnaire majoritaire de Bull, acteur stratégique spécialisé dans la conception de supercalculateurs. Derrière cette opération, un objectif clair : sécuriser les capacités technologiques critiques de la France et reprendre la main sur des infrastructures clés.

Explications et décryptage par les experts d’AURIS Finance, conseil en fusion-acquisition.

Avec la prise de contrôle de Bull, filiale d’Atos spécialisée dans le calcul haute performance (HPC), l’État sécurise un maillon essentiel de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle.

Le calcul intensif est aujourd’hui au cœur des développements en intelligence artificielle : entraînement des modèles, traitement de données massives, simulation industrielle.

Au-delà des enjeux de sécurité nationale, Bull répond à une nécessité économique : préserver la chaîne de valeur européenne du calcul de haute performance, soutenir la compétitivité des filières IA, défense et énergie, tout en accélérant la recherche fondamentale.

Créée en 1931, Bull est un acteur historique du secteur informatique français. L’entreprise, devenue leader dans la fabrication de supercalculateurs, développe des technologies critiques pour le calcul intensif et l’hébergement de données sensibles.

IA souveraine

« Avec la finalisation de cette acquisition, l’État actionnaire franchit une étape décisive pour la souveraineté technologique de la France (…) Le renouveau de Bull, que nous allons accompagner activement, marquera le début d’une nouvelle ère pour la filière stratégique du calcul haute performance et de l’intelligence artificielle », a indiqué Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique de France à l’occasion de la prise de participation majoritaire.

La valorisation de Bull atteint 404 millions d’euros. Avec cette prise, la France se dote d’un outil stratégique indépendant, lui permettant de ne pas dépendre exclusivement d’acteurs étrangers, notamment américains et chinois.

Stratégie nationale

Si la France dispose d’un écosystème d’innovation dynamique, combinant laboratoires publics, start-ups et industriels, elle demeure encore très en deçà des États-Unis et de la Chine en termes d’investissement et de puissance de calcul. Pour combler ce retard, l’État français s’est engagé dès 2017 dans une stratégie nationale pour l’intelligence artificielle. La troisième étape du plan France 2030 entend :

  • Renforcer les infrastructures de calcul et les maillons critiques de la chaîne de valeur de l’IA
  • Former et attirer les talents de l’IA
  • Accélérer les usages de l’IA
  • Se donner les moyens de bâtir l’IA de confiance

Licornes européennes

La France adopte une posture pragmatique : reprendre le contrôle des technologies critiques pour éviter que leurs usages, leurs coûts et leurs trajectoires de développement ne soient dictés exclusivement par des acteurs étrangers. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle reste largement dominée par quelques géants américains et chinois, tant sur les modèles que sur les infrastructures.

Dans ce contexte, l’enjeu n’est pas uniquement de faire émerger des licornes européennes, mais de leur donner accès à des capacités industrielles et de calcul à la hauteur de leurs ambitions. Sans infrastructure souveraine, même les acteurs les plus innovants restent dépendants d’écosystèmes étrangers pour se développer.

Bull s’inscrit déjà dans une dynamique européenne. Le groupe a notamment livré le supercalculateur JUPITER à Jülich, en Allemagne, dans le cadre du programme EuroHPC. Capable d’atteindre l’exascale, c’est-à-dire un milliard de milliards d’opérations par seconde, JUPITER constitue une étape clé pour combler le retard européen en matière d’infrastructures IA.

Financé à hauteur de 500 millions d’euros par l’Union européenne et l’Allemagne, ce projet illustre une réalité : la compétition mondiale sur l’intelligence artificielle se joue désormais à l’échelle des États et des blocs économiques, et non plus uniquement des entreprises.

Nos experts à vos côtés

Cette intervention de l’État envoie un signal clair au marché : les infrastructures technologiques et la donnée s’imposent aujourd’hui comme des actifs stratégiques. Pour les entreprises françaises positionnées dans la cybersécurité, l’intelligence artificielle ou le cloud souverain, cette dynamique ouvre des perspectives concrètes de croissance et de consolidation.

Dans ce contexte, les opérations de fusion-acquisition et les levées de fonds dans les deeptechs devraient s’accélérer, portées par des investisseurs publics et privés désireux de structurer une filière industrielle robuste et compétitive.

Les équipes d’AURIS Finance accompagnent les dirigeants dans leurs stratégies de financement et de développement : levées de fonds, opérations de croissance externe, intégration d’une cible ou encore cessions d’entreprises.

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#Technologies, Médias & Télécoms #Fusion-Acquisition