Jusqu’où la valorisation des sociétés du secteur agroalimentaire biologique peut-elle monter ?

Le célèbre adage de la Bourse « les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel » s’appliquera-t-il un jour à la valorisation des entreprises du secteur « Bio » ?

De quoi parle-t-on ? S’agit-il d’entreprises dont l’âme est la transformation de matières premières biologiques, et ce dans le cadre, de la construction d’une filière dans laquelle la relation entre l’agriculteur et le transformateur passe par une relation durable, contractuelle et équilibrée ? Ou s’agit-il au contraire d’une diversification d’opportunité parce que c’est la mode et qu’il faut bien y sacrifier ? On se trouve dans ce cas dans une relation classique entre le producteur et le transformateur avec le risque de tension que cela peut représenter au niveau de l’approvisionnement.

Pour avoir créé une des premières start-up bio en 1995 cette expérience m’a montré la nécessité absolue d’une relation de confiance forte avec les producteurs. Certes aujourd’hui la production agricole bio s’est structurée, renforcée, organisée, mais elle reste encore émergente et la production française ne suffit pas à alimenter le marché. Aujourd’hui le développement du secteur bio est exponentiel, les risques de manque de matières premières de qualité sont réels et de ce fait seules les entreprises ayant construit leurs relations dans la durée sont à même de résister dans le temps.

Sur le plan de la valeur des entreprises nous constatons des multiples de valorisation, qui ne peuvent que ravir les cédants, mais que l’on peut qualifier de déraisonnables au regard des standards habituels. Même en les comparant à ceux pratiqués dans le secteur agro-alimentaire, déjà considérés comme importants par rapport à d’autres secteurs d’activité, ces multiples apparaissent très élevés et démontrent la confiance du marché dans la croissance du secteur des produits agroalimentaires biologiques.

Nous ne pouvons donc que suggérer aux entreprises qui veulent se spécialiser dans le bio de s’efforcer de créer une relation forte avec leur amont car c’est un élément important pour le succès et la pérennité de leur activité. D’après nos prévisions, la tendance à la concentration du secteur sera compensée par l’arrivée de nouveaux acteurs avec des produits et des modes de distribution innovants capables de rebattre les cartes sur un marché en perpétuel renouvellement.

Par Bernard Gaud Expert Sectoriel Agroalimentaire et secteur des produits biologique chez Auris Finance (Linkedin)