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Travail temporaire : Vers une ubérisation des intérimaires ?

L’époque est à la digitalisation et à l’ubérisation de secteurs entiers. Aucun pan de l’économie ne semble ainsi échapper au développement d’outils en ligne et le monde du recrutement ne fait pas exception. Après le lancement de la plateforme Uber Works aux États-Unis, la France voit apparaître de nouveaux acteurs du travail temporaire. Des agences d’intérim 100 % digitales qui promettent un allégement des process, tant du côté des recruteurs que des candidats. Les experts d’Auris Finance se sont intéressés à cette tendance.

Ubérisation de l'intérim

Des applications mobiles à l’ubérisation des intérimaires ?

Mettre en relation candidats et recruteurs par le biais d’une simple application Smartphone, tel est le pari des nouvelles plateformes de recrutements. Avec des outils ultra simples d’accès et d’utilisation ces nouvelles plateformes d’intérim sans agences physiques promettent aux candidats de trouver l’emploi de leurs rêves en quelques clics, tandis que les entreprises sont assurées de recruter leurs futurs intérimaires parmi une vaste sélection de profils correspondant à leurs besoins. Un échange a priori gagnant-gagnant permettant aux intérimaires d’accéder à un large choix de missions et aux entreprises d’étendre leur prisme de recrutement à moindre coût.

 

De nouveaux entrants qui séduisent les investisseurs

En France, de nouveaux acteurs ont fait leur entrée sur le marché du travail temporaire. C’est ainsi que début janvier 2021, Iziwork annonçait sa troisième levée de fonds pour un montant de 35 millions d’euros. Depuis ses débuts en septembre 2018, la start-up française totalise 55 millions de fonds levés auprès d’investisseurs de renom, à l’instar notamment du fonds venture Cathay Innovation ou encore de l’organisme public français de financement et de développement des entreprises, Bpifrance. La jeune pousse revendique actuellement 500 000 intérimaires actifs sur son application mobile, pour 1 500 entreprises clientes. D’autres acteurs à l’instar de CornerJob ou encore Jobandtalent se déploient autour de la même idée : rendre le recrutement plus flexible et plus agile.

 

Une promesse : l’agilité

Concrètement, le candidat intérimaire télécharge l’application de l’agence d’intérim 100 % digitale sur son smartphone. Il entre ensuite son CV. Certaines applications permettent un remplissage automatique des diplômes et des expériences à partir d’une simple photo du CV. Un algorithme, souvent dopé par un module d’intelligence artificielle, permet ensuite de faire « matcher » recherche du recruteur et compétences du candidat. C’est ensuite l’entreprise elle-même qui choisit de poursuivre les échanges avec l’un ou l’autre des candidats. La discussion se fait alors de façon dématérialisée.

 

Une interrogation : l’évaluation des soft skills

À aucun moment, les plateformes de travail temporaires ne rencontrent les candidats. Elles n’effectuent donc pas de pré-sélection pour leurs entreprises clientes. Autre limite souvent reprochée au modèle tout digital : l’évaluation du candidat semble se concentrer sur ses compétences, au détriment par exemple de son savoir-être et de ses soft skills.

 

Agences physiques et outils digitaux : deux points de contacts complémentaires

La vraie révolution de ces plateformes de recrutements pourrait cependant se trouver dans la palette d’outils offerte par l’application mobile aux usagers, qu’ils soient candidats ou entreprises. C’est ainsi par exemple que, depuis son espace personnel, le candidat retrouve son relevé d’heures et sa feuille de paye. L’entreprise pour sa part voit sa partie administrative largement facilitée.

 

Si le recrutement tout digital est loin d’être la norme en France et que l’ubérisation du secteur n’est pas pour tout de suite, les agences d’intérim traditionnelles ont tout intérêt à s’inspirer de ces modèles innovants. À l’heure actuelle, tous les acteurs du secteur poursuivent leurs efforts de digitalisation.

C’est ainsi, par exemple, que Randstad a déployé une offre 100 % digitale en complément de son offre physique. Un autre acteur du travail temporaire, Mistertemp’ intensifie ses efforts sur le déploiement d’outils digitaux, tout en conservant son réseau de 130 agences d’intérim situées sur l’ensemble du territoire.