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Nettoyage et services associés : la concentration du secteur se poursuit

Eric Laune expert secteur nettoyage industrielAvec la crise sanitaire, les entreprises de nettoyage et de services associés ont été fortement sollicitées. Dès le premier confinement, les collaborateurs des entreprises de propreté se sont retrouvés en première ligne.

Comment les entreprises de nettoyage et de services associés traversent-elles la crise de la Covid-19 ? Quels impacts sur les opérations de fusion-acquisition dans le secteur ?

Le point avec Eric Laune, expert au sein d’Auris Finance, cabinet de conseil qui, depuis deux décennies, accompagne les entreprises de ce secteur dans leurs projets de rachat ou de cession.

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur le secteur nettoyage et des services associés ?

Il faut bien avoir à l’esprit que l’impact de la crise sanitaire varie fortement en fonction des métiers. Les entreprises de nettoyage spécialisées dans le secteur tertiaire (immeubles de bureaux) ont connu un repli important de leur activité, durant le premier confinement, de 50 % sur un an. Ce repli est encore plus net au sein de certaines entreprises spécialisées dans l’hôtellerie, ou le retail. En revanche, les entreprises spécialisées dans le nettoyage pour le compte de copropriétés ou de bailleurs sociaux ont vu leur activité progresser du fait notamment du doublement des process de désinfection. Il en est de même dans les grandes surfaces et les magasins où les besoins en désinfection ont progressé. Enfin, l’activité a fortement progressé chez les spécialistes du nettoyage dans les établissements de santé, tels que les hôpitaux, les Ephad et les cliniques.

Les effectifs ont-ils été revu à la hausse ? La période a-t-elle été particulièrement propice à l’innovation dans le secteur ?

Pas forcément. Les effectifs ont simplement été réaffectés en fonction des besoins : de l’hôtellerie vers la santé, par exemple. En ce qui concerne l’innovation : l’année 2020 a sans conteste été marquée par l’arrivée de nouveautés. Nous avons par exemple assisté au déploiement de distributeurs de gels hydro-alcooliques ou encore au développement de robots désinfectants capables de nettoyer des surfaces sans intervention humaine. Autre élément marquant : les outils de désinfection autrefois réservés au domaine médical ont fait leur entrée pour le nettoyage de locaux tertiaires.

Nous dirigeons nous vers une plus forte concentration du secteur ? Les niveaux de valorisation des entreprises de propreté et services associés sont-ils tirés à la hausse ?

Bien qu’environ 40% du CA du secteur soit réalisé par une vingtaine de groupes, le marché français de la propreté reste toujours très atomisé, avec 90% d’entreprises de moins de 50 salariés, et sera amené à se concentrer davantage. Il faut bien avoir à l’esprit que l’achat d’outils de nettoyage est un investissement très lourd que seules les entreprises d’une certaine taille peuvent se permettre. Le marché est mature, c’est-à-dire que les nouvelles opportunités par croissance organique sont rares. En effet, les surfaces de bureaux, hôpitaux, magasins, hôtels progressent très peu d’une année sur l’autre. Pour les entreprises de nettoyage et de services associés, la seule façon à l’heure actuelle d’accroitre l’activité de manière significative est de grandir par croissance externe. Tous ces éléments contribuent au maintien des niveaux de valorisation élevés malgré le contexte de crise.

Depuis le début de l’année 2021 Auris Finance a accompagné deux opérations dans ce secteur. Quels sont vos conseils à destination de chefs d’entreprises qui se posent la question de l’opportunité d’une vente dans les mois à venir ?

Nous avons effectivement réalisé deux opérations de fusion-acquisition dans le secteur du nettoyage et des services associés depuis le début de l’année. A chaque fois, nous étions conseil des cédants. Notre rôle au sein d’Auris Finance est de mettre en relation un cédant et un acquéreur qui partagent la même philosophie, les mêmes valeurs et la même vision. En effet, une fois la cession réalisée, le cédant accompagnera l’acquéreur, au minimum durant trois mois et jusqu’à six mois. Il faut donc que les deux personnes partagent un projet d’entreprise commun. Pour les dirigeants d’entreprise qui se posent la question de la cession, je dirai qu’une cession doit se préparer en amont. En moyenne, il faut une année entre l’idée d’une vente et la cession effective de l’entreprise. Il est parfois même judicieux de repousser une cession pour se donner les moyens de bien la préparer. Dans tous les cas, la présence d’un conseil le plus en amont de l’opération est un vrai plus.