Le courtage d’assurance français n’a jamais compté autant d’acteurs. Au 31 août 2026, le registre de l’Orias recense, toutes activités confondues, 73 545 intermédiaires et 125 165 inscriptions. Parmi eux figurent 27 500 courtiers, en hausse de 2 % sur un an, et 12 035 agents généraux, en progression de 1,3 %. Le marché reste très atomisé : plus de 20 000 entités y sont immatriculées, dont une majorité réalise moins de 500 000 euros de commissions annuelles. Cette vitalité démographique masque pourtant un mouvement de fond. Le marché du courtage se structure, et les rapprochements entre cabinets s’y multiplient au moment où ils marquent le pas aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Cabinets de courtage : des exigences qui changent d’échelle
La croissance du registre est aujourd’hui portée par les mandataires d’intermédiaires. Courtiers et agents généraux progressent à un rythme plus modéré.
Pour les cabinets de courtage, l’équation économique se durcit. Les investissements dans les outils numériques, la donnée et l’intelligence artificielle ne sont plus optionnels. Ils conditionnent la qualité du conseil, la productivité des équipes et la relation avec les assureurs partenaires. La pression réglementaire suit la même trajectoire, avec des obligations de conformité, de traçabilité et de formation continue dont le coût est largement fixe. Une structure plus importante absorbe mieux ces charges. C’est le principal moteur de la concentration. À l’échelle européenne, les acquéreurs ciblent d’ailleurs de plus en plus les cabinets disposant de données propriétaires ou de capacités d’analyse avancées.
Rachats de courtiers : la France, un marché d’opportunités
Le courtage reste le moteur des fusions-acquisitions dans l’assurance. En 2025, le baromètre de FTI Consulting recense 596 opérations impliquant des courtiers et 94 impliquant des prestataires de services, soit plus de 87 % des transactions du secteur de l’assurance en Europe.
La géographie de ces rachats évolue cependant. Au Royaume-Uni et en Irlande, les opérations de courtage ont reculé de 32,6 % en 2025, un repli attribué à la saturation du marché et à la raréfaction des cibles indépendantes de taille significative. En Amérique du Nord, le mouvement est comparable. Les rachats d’agences et de cabinets sont tombés à 695 en 2025, en baisse de 12 %. Le repli se poursuit en 2026, avec 292 opérations au premier semestre, soit 15 % de moins qu’un an plus tôt et le plus faible début d’année depuis 2016.
La France suit une trajectoire inverse. Le marché demeure moins actif que ses voisins, mais son activité gagne en régularité, portée par des investisseurs et des enseignes locales. Là où les marchés matures voient leurs cibles se raréfier, la France conserve, avec ses 27 500 courtiers, un large vivier de cabinets de courtage susceptibles d’être cédés ou de se rapprocher.
Courtiers grossistes : un écosystème au cœur des rapprochements
Cette dynamique ne traduit pas une fragilité des courtiers français. Ceux-ci ont trouvé leur place face au numérique et s’appuient sur de nombreux courtiers grossistes et places de marché. Ces partenaires leur apportent des gammes de produits complètes, des outils performants, un logiciel de gestion de la relation client, une gestion de qualité et une rémunération attractive. Les grossistes ont ainsi progressivement trouvé leur place aux côtés des cabinets, notamment sur des risques complexes que certains assureurs ne souhaitent plus couvrir.
Ce maillon concentre les opérations les plus importantes. En 2025, Advent a repris Kereis sur une valorisation d’environ 2 milliards d’euros. Le britannique Ardonagh s’est implanté en France en rachetant Groupe Leader Insurance, l’un des dix premiers courtiers grossistes du pays, pour environ 300 millions d’euros. Le mouvement se poursuit en 2026. En juillet, l’Autorité de la concurrence a autorisé Kereis à prendre le contrôle de Santiane, dont le chiffre d’affaires 2025 approche 128 millions d’euros et qui travaille avec plus de 6 000 courtiers partenaires. Le nouvel ensemble revendique la deuxième place du courtage grossiste en France. Plus récemment, April a annoncé l’acquisition d’Alexis Assurances, courtier implanté près de Lyon et spécialisé dans les énergies renouvelables et la construction, qui accompagne plus de 1 000 clients. L’opération inaugure un pôle dédié aux spécialités IARD.
Ces deux rachats illustrent une même logique. Les acquéreurs ne recherchent plus seulement du volume. Ils ciblent une expertise, une clientèle et un réseau de distribution difficiles à reconstituer par croissance organique.
Préparer la cession de son cabinet de courtage
Pour les dirigeants de cabinets, ce contexte ouvre une fenêtre favorable. La concurrence entre acquéreurs soutient les valorisations. En Europe, les plateformes de courtage les mieux intégrées obtiennent des multiples 1,5 à 1,8 fois supérieurs à ceux d’acteurs plus fragmentés.
La cession d’un cabinet de courtage se prépare donc bien avant l’entrée en négociation. Documentation du portefeuille, fiabilité des systèmes d’information, dépendance à quelques grands comptes, organisation de la succession du dirigeant, chaque point pèse sur le prix et sur la structure de l’opération.
Le calendrier devient ainsi un paramètre stratégique à part entière. Qu’il s’agisse de céder, d’adosser son cabinet à un groupe ou de construire une plateforme par croissance externe, les équipes d’AURIS Finance, spécialisées en assurance et gestion de patrimoine, vous aident à structurer votre projet de cession ou d’acquisition et à en sécuriser chaque étape.


