Shares, fintech française spécialisée dans l’investissement et l’épargne, finalise l’acquisition de 100 % du capital de Treezor auprès de Société Générale. L’opération intervient après la levée de l’ensemble des conditions préalables, huit mois après l’ouverture de négociations exclusives, le 29 janvier 2026.
Avec plus de 145 Md€ de flux traités et 8,5 millions de cartes émises depuis sa création, Treezor apporte à Shares une infrastructure de paiement réglementée, active dans quatre pays européens.
Décryptage par les experts d’Auris Finance, conseil en fusion-acquisition et ingénierie financière.
L’opération inverse la logique qui avait présidé à l’entrée de Treezor dans le giron bancaire. En 2018, Société Générale annonçait son rachat pour disposer d’une infrastructure agile au service de ses métiers. Huit ans plus tard, la banque cède l’actif à une fintech qui en fait le socle de son propre développement.
Treezor compte parmi les premiers acteurs français des services bancaires en marque blanche. Ses clients, principalement des fintechs, intègrent directement à leurs produits des fonctions d’ouverture de compte, d’identification, de paiement et d’émission de cartes. Pour l’utilisateur final, le service porte la marque de l’entreprise cliente ; l’infrastructure réglementée reste celle de Treezor.
Treezor en chiffres : 145 Md€ de flux et 8,5 millions de cartes
Treezor est un établissement de monnaie électronique agréé par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Son agrément est passeporté dans 25 pays de l’Union européenne. L’entreprise est active en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne.
Les volumes progressent. Lors de l’ouverture des négociations en janvier 2026, Treezor revendiquait plus de 130 Md€ de flux traités et 8 millions de cartes émises. À la finalisation, en octobre, elle en affiche plus de 145 Md€ et 8,5 millions.
Shares, de l’application d’investissement à l’infrastructure financière
Fondée en 2021 et cofondée par Benjamin Chemla, Shares a d’abord lancé une application d’investissement destinée aux particuliers. L’entreprise s’est depuis repositionnée sur la clientèle professionnelle, en fournissant une infrastructure réglementée d’investissement et d’épargne.
L’acquisition de Treezor accélère ce changement de modèle. Sous la supervision de l’ACPR et de l’Autorité des marchés financiers, le nouveau groupe réunit des agréments couvrant la monnaie électronique, les services de paiement, les services d’investissement et les cryptoactifs.
Comptes, paiements, épargne, investissement : une offre de bout en bout
Le nouvel ensemble proposera aux entreprises et aux institutions financières des services financiers modulaires en marque blanche. Concrètement, une plateforme qui fournit déjà un compte et une carte à ses utilisateurs via Treezor pourra demain leur proposer de l’épargne ou de l’investissement, auprès d’un seul prestataire.
« La finalisation de cette acquisition marque la constitution d’un nouveau groupe », déclare Benjamin Chemla, directeur général et cofondateur du groupe Shares. Lors de l’ouverture des négociations, il fixait l’objectif de « bâtir un groupe solide et pérenne, capable de proposer une gamme complète de solutions financières et de jouer un rôle structurant dans l’évolution de la finance digitale européenne ».
Société Générale recentre son portefeuille numérique
Pour Société Générale, la cession s’inscrit dans la revue des actifs stratégiques engagée par Slawomir Krupa depuis son arrivée à la tête du groupe en 2023. Elle fait suite à la cession de la néobanque Shine à Ageras en 2024.
Le plan stratégique présenté le 21 septembre 2026 précise ces arbitrages. Le groupe vise une rentabilité des fonds propres tangibles de 13 à 14 % en 2029, puis supérieure à 15 % à partir de 2030, contre un objectif d’environ 11 % pour 2026. Il concentre ses moyens sur ses positions établies, au premier rang desquelles BoursoBank : la banque en ligne comptait 9,1 millions de clients à fin juin 2026 et doit en dépasser 14 millions à fin 2029. La sortie de Treezor réduit d’autant le périmètre des activités numériques que la banque doit piloter.
Une gouvernance renouvelée, une marque conservée
Benjamin Chemla prend la direction générale du groupe Shares. Treezor est désormais dirigée par Cédric Cassini, jusqu’ici directeur des revenus de l’entreprise, épaulé par Julien Mortuaire. « Nous sommes très heureux d’engager cette nouvelle phase aux côtés de Benjamin et des équipes de Shares », souligne Cédric Cassini.
Treezor conserve sa marque. Le groupe s’est fixé un objectif de rentabilité à l’horizon 2027.
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