Bionyra Pharma lève 143 millions d’euros pour ses biothérapies contre les maladies inflammatoires sévères
Bionyra Pharma, biotech parisienne fondée en 2025, a officialisé le 22 juin 2026 sa levée de fonds de 143 millions d’euros, présentée comme la plus importante jamais réalisée par une biotech française. L’opération finance le développement clinique de trois molécules destinées au traitement de la dermatite atopique sévère et des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
Décryptage par les experts d’Auris Finance, conseil en fusion-acquisition et ingénierie financière.
Bionyra Pharma annonce une levée de fonds de Série A de 165 millions de dollars, soit environ 143 millions d’euros, sursouscrite, afin de faire progresser son portefeuille de produits en phase clinique, composé de produits biologiques de nouvelle génération destinés au traitement des maladies immunologiques et inflammatoires graves.
Un fondateur issu de la R&D de Sanofi
Cofondateur et PDG de Bionyra, Frédéric Marrache a travaillé plus de dix ans à la R&D de Sanofi, sur le segment des maladies immunologiques et inflammatoires. Il souligne que plus de la moitié des patients souffrant de formes sévères de maladies inflammatoires à médiation immunitaire ont une réponse insuffisante aux traitements disponibles à ce jour, alors même qu’une demi-douzaine de médicaments sont déjà approuvés dans ce segment.
L’entreprise a été fondée avec Sofinnova Partners, qui a financé son amorçage. Frédéric Marrache précise : « Avec Sofinnova, nous partagions le même constat sur ce besoin médical. On a construit ce projet ensemble, depuis la sélection des molécules jusqu’à la structuration de l’équipe. »
Trois molécules en développement, un calendrier clinique de plusieurs années
Les anticorps mono- et multispécifiques de Bionyra ciblent de nouvelles voies immunitaires, avec une orientation initiale vers la dermatite atopique sévère et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, dont la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
Les fonds levés financeront essentiellement les études cliniques des trois molécules du portefeuille. Frédéric Marrache détaille le processus : il faut fabriquer le médicament, puis organiser des essais d’abord avec des volontaires sains, ce qui est déjà en cours, puis avec des patients. Les études cliniques destinées à caractériser le profil d’efficacité et de tolérance de ces médicaments devraient être lancées entre 2027 et fin 2028.
Le dirigeant évoque un horizon moyen de six à huit ans entre l’entrée d’une molécule dans des essais chez l’humain et sa mise sur le marché, en distinguant les trois phases cliniques classiques :
- la phase 1, qui vérifie l’absence de risque chez des volontaires sains,
- la phase 2, qui évalue l’efficacité et la dose chez les patients,
- la phase 3, plus longue, qui permet d’enregistrer le médicament auprès des autorités de santé.
Les raisons avancées pour expliquer la sursouscription
Frédéric Marrache reste discret sur l’objectif initial de la levée mais explique : « Le succès tient à un projet solide scientifiquement, porté par une équipe crédible. Un syndicat d’investisseurs initiaux a rapporté énormément de crédibilité au projet. »
Mehdi Ainouche, associé chez Jeito Capital, justifie la conviction de son fonds : « Bionyra occupe une position unique pour accélérer la mise à disposition de traitements très prometteurs auprès des patients grâce à une stratégie de développement clinique ciblée et bien conçue, visant à obtenir rapidement une validation clinique et à répondre à des besoins clés non satisfaits, tels qu’une rémission plus profonde et des alternatives pour les patients ne répondant pas au traitement. »
Un contexte sectoriel favorable au financement de la biotech
Frédéric Marrache situe cette levée dans une dynamique plus large : « Il y a une accélération dans la découverte de nouveaux candidats médicaments à travers le monde », citant les progrès scientifiques sur les modalités thérapeutiques, des capitaux plus importants dans le secteur pharmaceutique, et l’émergence de nouvelles régions comme la Chine.
Jeito Capital, qui gère 1,6 milliard d’euros d’actifs, accompagne des sociétés biopharmaceutiques en phase clinique proposant des innovations de pointe répondant à des besoins médicaux non satisfaits. Bionyra compte aujourd’hui une vingtaine de salariés et prévoit d’atteindre 25 à 30 personnes d’ici la fin de l’année.
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