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23/04/2025

Quand l’éolien chinois menace la sécurité européenne

Eoliennes

Portés par un marché intérieur colossal et des capacités industrielles inégalées, les fabricants chinois bouleversent le marché européen de l’éolien. Explications et analyse par les experts d’AURIS Finance, cabinet de conseil en opérations de fusion-acquisition. 

À l’heure où la notion de souveraineté économique européenne est à nouveau au cœur de tous les débats, un secteur semble totalement échapper au Vieux Continent : celui de l’éolien. Sur ce marché, la domination chinoise est aujourd’hui une réalité.

Concentration du secteur

En 2024, les trois premiers fabricants mondiaux d’éoliennes sont chinois : Goldwind, Envision et Mingyang. Pour la troisième année consécutive, Goldwind reste le leader mondial des constructeurs éoliens, avec un chiffre d’affaires de 7,18 milliards d’euros. Une présence mondiale, qui repose sur un marché domestique record, avec plus de 80 GW installés en 2024, soit 60 % de la capacité mondiale. Cette capacité de production industrielle permet à la Chine de proposer des turbines à des prix jusqu’à 50 % inférieurs à ceux pratiqués par les fabricants européens. Certains vont jusqu’à proposer des turbines quatre fois moins chères que celles de leurs concurrents européens. Ainsi, un acteur tel que Mingyang multiplie les contrats en zone euro. Le constructeur chinois est présent en Italie, avec un parc offshore équipé de turbines chinoises dès 2022, ainsi qu’en Allemagne, avec un projet de parc de 16 turbines signé en 2024. 

Défiance de l’Europe 

Selon un rapport du ministère allemand de la Défense rapporté par le quotidien français, Les Échos, la stabilité politique européenne et la sécurité nationale des pays membres pourraient être menacés par la présence de turbines made in China. Ces éoliennes pourraient être utilisées à des fins de collecte de données, révèle le quotidien. Au-delà des suspicions d’espionnage, la défiance concerne principalement la sécurité des installations. En Chine, plusieurs incidents sont advenus : un relais électrique mal posé a été à l’origine d’un départ d’incendie, entraînant une réaction en chaîne, tandis qu’une turbine géante se serait effondrée. Toujours selon le quotidien Les Échos, la durée de vie moyenne d’une éolienne chinoise est de 20 années, contre 25 années pour une éolienne provenant d’un constructeur européen. 

Le lent réveil européen 

Désormais, six constructeurs chinois trustent le top 10 des fabricants mondiaux. Aux côtés des six acteurs chinois se trouvent le danois Vestas, l’Allemand Nordex Group, l’américain GE Vernova et le binational (Espagne et Allemagne) Siemens Gamesa. Au cours des dernières années, la part de marché des fabricants européens a reculé, au profit de fabricants chinois à même de proposer des coûts inférieurs pour des capacités supérieures. Aucun acteur français n’est aujourd’hui sur le podium. Le danois Vestas se maintient dans la course mondiale et occupe aujourd’hui la quatrième position. Face à la montée en puissance des constructeurs chinois, la Commission européenne a ouvert une enquête sur les subventions accordées par Pékin, soupçonnées de fausser la concurrence sur le marché européen. L’hypothèse de relever les droits de douane pourrait aussi être envisagée. Néanmoins, celle-ci aurait pour incidence de ralentir la transition environnementale européenne. 

Nos experts à vos côtés

Face à la montée en puissance des géants chinois, l’Europe doit redoubler d’efforts pour soutenir ses acteurs industriels et préserver sa souveraineté énergétique. Si le secteur de l’éolien nécessite de lourds investissements, des opportunités existent notamment pour les entreprises les plus innovantes. Les experts d’AURIS Finance sont spécialisés par secteurs. Nos équipes se placent à vos côtés tout au long de la structuration de votre projet, depuis l’identification de partenaires financiers à la levée de fonds. 

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