À partir d’un certain seuil, les opérations de fusion-acquisition sont soumises à l’approbation de la part de la Commission européenne. En 2024, Bruxelles a validé une cinquantaine de rapprochements dans le secteur de la Tech et de l’IT, dont une dizaine impliquant une entité française. Le détail avec les experts d’AURIS Finance, cabinet de conseil en opérations de fusion-acquisition.
L’année 2024 a été marquée par des rapprochements d’envergure entre acteurs de la Tech en Europe. Au total, 50 deals ont fait l’objet d’un contrôle de la part de Bruxelles. Conformément à la réglementation en vigueur, une opération de concentration (fusion, acquisition, création d’une entreprise commune) doit être notifiée à la Commission européenne avant sa réalisation selon deux seuils. Lorsque le chiffre d’affaires combiné des entreprises concernées dépasse 5 milliards d’euros au niveau mondial et lorsque le chiffre d’affaires d’au moins deux des entreprises concernées dépasse 250 millions d’euros au sein de l’Union européenne. Toutes les opérations qui entrent dans l’une ou l’autre de ces situations doivent faire l’objet d’un accord de la part de la Commission européenne.
Thales et Atos
En 2024, plusieurs opérations impliquant une entreprise française se sont trouvées dans ce cas de figure. L’opération d’envergure de l’année reste sans conteste celle réalisée par Thalès. Le géant d’électronique français spécialisé dans l’aérospatiale, la défense, la sécurité et le transport terrestre a ainsi finalisé le rachat de Cobham AeroComms, autre entreprise tricolore, pour un montant de 1,1 milliard de dollars. Une acquisition stratégique qui a permis à Thales d’élargir son portefeuille de solutions et de consolider sa présence sur le marché européen en renforçant sa position dans le domaine des communications et de la connectivité sécurisée du cockpit. Au cours de la même année, Atos, géant français des services informatiques, a annoncé la vente de sa filiale stratégique Worldgrid à Alten pour une valeur d’entreprise de 270 millions d’euros. La Commission européenne a donné son feu vert au rachat de Worldgrid par Alten, confirmant que cette transaction ne posait pas de problème de concurrence.
Orange et Ardian
Parmi les autres opérations notables impliquant une entité française se trouve la joint-venture entre Orange, opérateur télécom français et l’opérateur espagnol Más Móvil. La Commission a estimé que la transaction créerait le plus gros opérateur télécom en Espagne en nombre de clients et que cet acteur nouvellement créé pourrait avoir comme conséquence une augmentation des prix pour les consommateurs. Les deux parties ont obtenu le feu-vert de Bruxelles, contre un engagement : celui de libérer de l’espace pour un MVNO, autre acteur télécom espagnol. Enfin, en 2024, une société de capital-investissement française a été placée sous surveillance de Bruxelles : il s’agit du groupe Ardian. En 2016, la société d’investissement française entrait au capital de Dedalus Healthcare Systems, éditeur de logiciel italien, à hauteur de 60 %. En 2024, Ardian a pris le contrôle exclusif du groupe, une acquisition approuvée par Bruxelles.
Nos experts à vos côtés
Lorsqu’une opération de grande envergure advient, l’ensemble de l’écosystème peut être impliqué, à l’instar notamment des fournisseurs. Naviguer dans un cadre réglementaire complexe nécessite une expertise approfondie. Au sein du cabinet de conseil AURIS Finance, nos experts spécialisés par secteurs vous accompagnent dans vos projets de croissance, qu’il s’agisse de levées de fonds, de recherche de partenaires financiers ou d’acquisition d’entreprises ciblées.


